Pendant que d’un côté, une enseignante de musique du primaire censure une phrase de la chanson « Hymne à l’amour » d’Édith Piaf parce qu’elle contient le mot « Dieu », de l’autre la Cour suprême du Canada rend son jugement dans l’affaire de parents qui estimaient que le cours d’éthique et culture obligatoire constituait « une entrave à leur capacité de transmettre leur foi » catholique à leurs deux enfants.
La Cour a rendu son verdict :
« Le fait même d’exposer les enfants à une présentation globale de diverses religions sans les obliger à y adhérer ne constitue pas un endoctrinement des élèves qui porterait atteinte à la liberté de religion »
« Suggérer que le fait même d’exposer des enfants à différents faits religieux porte atteinte à la liberté de religion de ceux‑ci ou de leurs parents revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne et méconnaître les obligations de l’État québécois en matière d’éducation publique. » — Extrait du jugement
Faudrait peut-être juste expliquer à l’ensemble de la populace ce que signifie la laïcité scolaire et particulièrement aux gens qui exercent dans le pivot du système éducatif, l’école. Le principe de neutralité des religions dans l’éducation ne signifie pas de s’abstenir de prononcer certains mots comme Noël, Dieu, Bouddha ou n’importe quel mot se référant à une religion quelconque. Seulement ne pas faire la propagande d’une religion au détriment d’une autre et respecter le principe de l’égalité et de la liberté de culte, de même que le principe de séparation de l’État et de l’Église dans une société multiculturaliste. Ça ne signifie pas non plus de ne pas enseigner l’histoire et la culture des grandes religions, elles font partie intégrante de la société, de la planète en fait. Qu’on approuve ou non les concepts religieux, on ne peut pas faire semblant que ça n’existe pas. On ne peux s’absoudre de renseigner les enfants sur ces faits qui nous entourent.
La laïcité intervient dans la capacité des individus d’avoir une pensée autonome face à la religion, sans que l’État ou le Clergé n’y impose un endoctrinement particulier en assurant une liberté de croyances, de conscience et un principe d’égalité entre celles-ci.
Sommairement, ce sont des principes fondamentaux de liberté d’expression et d’opinion qui concerne aussi toute la société puisque les valeurs qui fondent l’école sont celles de l’ensemble des citoyens, à la fois dans ce qu’ils ont en commun et dans ce qui les différencie.
Se mettre une muselière chaque fois qu’un mot, qu’une phrase est liée à une religion ne constitue pas une solution. Ça revient à mettre des tabous où ça n’a pas lieu d’être puisqu’on enseigne le contraire aux enfants dans les cours d’éthique et de culture religieuse. Le mandat de la déconfessionnalisation vise l’intégration de valeurs et d’attitudes, telles que le sens du service et de la gratuité, la volonté de dépassement, le goût de la vérité, l’apprentissage de la liberté responsable, le développement du discernement moral et religieux ». Est-ce qu’on ne pourrait pas l’expliquer à tous les enseignants, parce qu’il semble que certains n’ont pas assimilé encore ces notions. Présentement, on apprend à nos enfants que nous devons taire tout ce qui a trait à la religion, peu importe laquelle, mais particulièrement la religion catholique.
«Je ne suis pas mal à l’aise qu’on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque»
nous dit M. Choinière, de la Commission Scolaire Sorel-Tracy. Ce n’est pas le mandat d’un enseignant de musique de discuter religion avec ses élèves, nous explique-t-on. Hey, son mandat, c’est l’éducation! Il doit agir comme pédagogue. Son mandat, ce n’est pas non plus de censurer une chanson culte de la francophonie. Par contre, la ministre Beauchamps aura beau rabrouer cet enseignant et signifier son désaccord, les enseignants bénéficient du « droit de refuser de dispenser l’enseignement moral et religieux d’une confession pour motif de liberté de conscience ».
Par contre, le professeur avait lui-même suggéré cette chanson dans le cadre de la Saint-Valentin. Valentin de Terni, c’est le saint patron des couples selon l’Église Catholique. Ioups! Il s’est lui-même mis les pieds dans les plats…
Y a définitivement quelque chose que ni la société, ni les élus, ni les enseignants n’ont pas compris vu toute cette incohérence et cette intolérance.







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